Entreprise de plomberie intervient dans Paris pour les urgences de fuite d'eau. Notre service de plomberie est ouvert jour et nuit et a votre ecoute pour les réparation de fuite d'eau : chauffe-eau, robinet, canalisation, tuyaux, évier
François BOUCHER (Paris, 1703-1770),La marquise de Pompadour, c.1750.Huile sur papier marouflé sur toile,60 x 45,5 cm, Paris, Musée du Louvre. Je nétais guère amateur, jusquà ma visite de lexposition La volupté du goût, organisée par le Musée des Beaux Arts de Tours du 11 octobre 2008 au 12 janvier 2009, de cette peinture française du milieu du XVIIIe siècle, si souvent regardée avec condescendance par les historiens de lArt eux-mêmes. Conçu comme un hommage au rôle majeur que joua, dans le développement des arts, Madame de Pompadour (née Jeanne-Antoinette Poisson, 1721-1764), cet accrochage documentait plus particulièrement les heures de gloire dune femme qui, de son accession au statut de favorite royale en 1745 jusquà sa mort, malgré les tombereaux dinjures versés sur son passage, ne cessa de croire dans les vertus de léducation et dencourager les peintres, sculpteurs, décorateurs, musiciens, écrivains et philosophes, y compris, ce qui dénote une ouverture desprit peu commune pour une personne que son ascension fulgurante avait conduite des salons de la bourgeoisie aux plus hautes sphères du pouvoir, quand les uvres de certains de ces brillants esprits ne respectaient pas la stricte orthodoxie dictée par létiquette. Les portraitistes qui ont lon peinte se sont dailleurs attachés à représenter la marquise en compagnie de livres, comme dans le magnifique pastel de Maurice Quentin de La Tour (1704-1788) où lon distingue, sur une table, un volume de lEncyclopédie dont elle soutint le projet (Musée du Louvre, cliquez ici), ou de partitions, voire dinstruments de musique, comme cest le cas dans lesquisse de François Boucher présentée en tête de ce billet, où la main de Madame de Pompadour sur les touches du clavecin (voir le détail ci-dessous) évoque, dans un mouvement simultané vers lintérieur et vers lextérieur, aussi bien la chanteuse émérite quelle était en train de répéter, en privé, son rôle en saccompagnant au clavier, que la femme de goût qui donne le la à la société. Je vous propose, dans les lignes qui suivent, un tour dhorizon subjectif mais, je lespère, assez représentatif, fondé sur les choix opérés à loccasion de lexposition La volupté du goût et scandé par quelques jugements contemporains empruntés aux Salons de Denis Diderot, dune peinture qui, si elle nest pas toujours exempte dacadémisme ou de facilité mais quelle époque peut se prévaloir den être indemne ? représente un moment où, sous une volonté de séduire obstinément affichée, certains enjeux artistiques importants étaient en train de se dessiner. « Ce maître a toujours le même feu, la même facilité, la même fécondité, la même magie et les mêmes défauts qui gâtent un talent rare. » Denis Diderot, Salon de 1763. François BOUCHER (Paris, 1703-1770), La lumière du monde, 1750. Huile sur toile, 175 x 138 cm, Lyon, Musée des Beaux Arts. Si je ne suis, à linstar de Diderot, toujours pas réconcilié avec François Boucher, il nen demeure pas moins que sa production est sans doute une des plus parfaitement représentatives ce qui rend son étude incontournable des exigences artistiques de la marquise de Pompadour, qui tenait avant tout à ce que règne lharmonie entre tous les éléments du décor quelle soffrait tout en en enveloppant un roi dont elle souhaitait garder les faveurs. La manière du peintre est certes dune grande sensualité de touche et dun raffinement indiscutable, mais son caractère aimablement convenu, uniformément plaisant et décoratif, me laisse toujours la vague sensation dabsorber un entremets onctueux mais trop sucré.Cependant, certains de ses petits paysages dune sereine fraîcheur comme Le colombier peint en 1758 (Saint Louis, Art Museum, cliquez ici) confirment la capacité de lartiste à baigner de charme pittoresque des campagnes recomposées par la fantaisie, tandis que La lumière du monde (la reproduction donnée ci-dessus rend assez peu justice à la délicatesse de loriginal), toile spécialement réalisée pour la chapelle privée de Madame de Pompadour au château de Bellevue, fascine par la maîtrise de la lumière qui dore et sculpte une scène de nativité dune tendresse tangible dont on a bien du mal à se convaincre que son inspiration soit vraiment religieuse, surtout si on la rapporte au Saint Jean Baptiste (c.1755, Minneapolis, Institute of Arts, donné ci-dessus), tableau cette fois-ci réellement conçu pour être exposé dans un contexte liturgique, puisquil était placé dans la chapelle du couvent des Capucines de la place Vendôme, où la marquise sera enterrée. La facture bien plus rude dans le rendu du modelé dun corps dhomme adulte et quelques maladresses témoignent du peu de réelle appétence de Boucher pour ce type de répertoire. « Ce morceau lui fera honneur, et comme peintre savant dans son art, et comme homme desprit et de goût. () Le choix de ses sujets marque de la sensibilité et de bonnes murs. » Denis Diderot, Salon de 1761. Jean-Baptiste GREUZE (Tournus, 1725-Paris, 1805),La paresseuse italienne, 1757.Huile sur toile, 64,8 x 48,8 cm, Hartford, Wadsworth Atheneum. Voici maintenant Jean-Baptiste Greuze, dont la fameuse Accordée de village (Paris, Musée du Louvre, cliquez ici) fit sensation au Salon de 1761 (les lignes de Diderot citées ci-dessus sy rapportent), à tel point quil fallait jouer des coudes pour pouvoir ladmirer. Ce tableau, révélateur du flottement de plus en plus important qui commençait à se faire jour, au mitan du XVIIIe siècle, entre des genres picturaux que lAcadémie royale sétait attachée à hiérarchiser soigneusement sous Louis XIV, est révolutionnaire, entre autres, en ce quil transpose les codes du genre le plus estimé de lépoque, la peinture dhistoire (traitement noble du sujet, composition pyramidale) dans celui, bien moins considéré, de la peinture de genre. Il a fait lobjet de nombreuses études, dont une, virtuose et convaincante, de Daniel Arasse, aussi je ne my attarde pas plus longuement. Peint au retour du séjour italien de Greuze, la Paresseuse italienne, présentée ci-dessus, est un tableau fascinant, dont la lecture pourrait faire lobjet dun billet à part entière. Abordé en superficie, cette femme en train de sassoupir dans une cuisine en parfait désordre évoque immanquablement les scènes de genre hollandaises, comme, par exemple, celles de Jan Steen (1626-1679) où règnent souvent un complet capharnaüm. Greuze naurait-il donc rien retenu de son voyage en Italie ? Bien sûr que si, et il ne fait aucun doute quil a vu la Madeleine repentante de Caravage (c.1597, Rome, Galeria Doria Pamphili, ci-dessus) dont il reprend ici, en grande partie, la position corporelle. Ce faisant, Greuze nous conduit à soupçonner quil joue sur différents niveaux de sens. Par exemple, si sa Paresseuse est déchaussée, signe de sa disponibilité sexuelle, lartiste a également mis en lumière lalliance quelle porte au doigt. Dans le même registre, les spectateurs de lépoque, très au fait des codes de la peinture hollandaise, ne pouvaient ignorer que la somnolence est un des marquants picturaux de la grossesse, tout comme le flacon à moitié plein situé sur le buffet qui évoque ceux contenant les urines que mirent généralement les médecins dans ce type de contexte. En prenant en compte ces éléments et la réminiscence religieuse, cest donc dans un sens moral quil convient de lire ce tableau, et il ne fait guère de doute que le double langage de cette uvre ne pouvait quenchanter ceux qui avaient la chance de le regarder. « () croyez que vous avez fait un beau rêve et Fragonard un beau tableau. Il a toute la magie, toute lintelligence et toute la machine pittoresque. » Denis Diderot, Salon de 1765. Jean-Honoré FRAGONARD (Grasse, 1732-Paris, 1806), Paysage aux lavandières, c.1761-65. Huile sur toile, 38,7 x 46,3 cm, Richmond, Virginia Museum of Fine Arts. Lorsque lon songe aux uvres de Jean-Honoré Fragonard, cest généralement la jouissance absolument évidente quil semblait éprouver en maniant vigoureusement la pâte picturale qui simpose à lesprit, ainsi que le caractère fa presto de figures qui semblent improvisées dans le feu de linstant. Le Paysage aux lavandières présenté ci-dessus sinscrit quelque peu en marge de la production habituelle de Fragonard et pourtant, en considérant attentivement ce petit tableau réalisé, si sa datation est exacte, immédiatement après le retour dItalie du peintre, on y retrouve sa désinvolture savamment étudiée (cette sprezzatura qui hante la Péninsule depuis au moins le XVIe siècle) ainsi que son goût pour des contrastes lumineux marqués ; regardez, par exemple, comment il joue du clair-obscur ou comment il embrase les feuillages, ces effets étant encore soulignés par le gris foncé de la nuée menaçante qui sélève derrière une dense futaie. Il est dailleurs remarquable et assez novateur que chaque élément de ce paysage recomposé semble gagné par un mouvement davancée, les nuages, mais aussi les chemins, comme si le peintre avait souhaité créer, chez le spectateur, la sensation que cette scène, au sens propre animée, vient à sa rencontre. Fragonard, sil a choisi de produire un tableau qui sinspire nettement des maîtres hollandais du XVIIe siècle, comme Jacob van Ruisdael, développe néanmoins ici une esthétique personnelle qui, en se fondant sur une approche émotionnelle plus que sur un rendu géométrique du paysage, a déjà quelque chose de préromantique. « Sil est vrai, comme le disent les philosophes, quil ny a de réel que nos sensations, que ni le vide de lespace, ni la solidité même des corps nait peut-être rien en elle-même de ce que nous éprouvons, quils mapprennent ces philosophes quelle différence il y a pour eux, à quatre pieds de tes tableaux, entre le Créateur et toi ? » Denis Diderot, Salon de 1765. Jean Siméon CHARDIN (Paris, 1699-1779), Les Attributs des arts et les récompenses qui leur sont accordées, 1766. Huile sur toile, 113 x 145,5 cm, Minneapolis, The Minneapolis Institute of Arts. Une autre révolution en marche dont le spectateur moderne na plus forcément conscience est la grande toile (113 x 145 cm, une version légèrement antérieure, de dimensions similaires, se trouve au Musée de lErmitage de Saint-Pétersbourg) intitulée Les Attributs des arts et les récompenses qui leur sont accordées de Jean Siméon Chardin. Pourtant, quoi de plus apparemment anodin que cette nature morte aux équilibres de lumières et de formes savamment pensées, réalisée par un artiste dont la postérité nous a transmis, sans doute en grande partie à raison, limage dun homme peu aventureux ? Il ne faudrait cependant pas occulter trop rapidement que, dès les deux uvres qui lui permirent, en 1728, dêtre reçu à lAcadémie royale, le paisible Chardin prit ses distances avec les codes de son époque, en produisant des tableaux de grand format (114,5 x 146 cm pour La Raie, 194 x 129 cm pour Le Buffet, tous deux au Musée du Louvre), alors que la nature morte était, dans la France du XVIIIe siècle, tout en bas de la hiérarchie des genres et donc majoritairement cantonnée à de petits formats. Ici, le peintre non seulement récidive pour ce qui est des dimensions mais, mieux encore, insiste en donnant à lobjet le plus lourd (le plâtre du Mercure de Pigalle exécuté en 1753 et salué alors comme un chef-duvre de la sculpture française) la position la plus élevée et au plus léger (la médaille) la plus basse, déstabilisant ainsi les lois de léquilibre tout en suggérant la relativité des récompenses au regard de luvre dart. Et si nous navions toujours pas compris, il donne à sa composition la structure pyramidale de la peinture dhistoire, opérant ainsi un renversement complet de la sacro-sainte hiérarchie des genres. Chardin, pour lequel jéprouve une affection égale à celle que lui vouait Diderot, na pas fini de me surprendre. Henri-Horace ROLAND DE LA PORTE (Paris, 1724-1793), Nature morte à la vielle, après 1760 ? Huile sur toile, 80,5 x 101 cm, Bordeaux, Musée des Beaux Arts. On retrouve certaines de ces caractéristiques dans la Nature morte à la vielle dHenri-Horace Roland de La Porte, « victime de Chardin » pour reprendre le mot cruel de Diderot. La toile est, là aussi, dun assez grand format (80 x 101 cm), sa composition est également pyramidale. Mais, outre une maîtrise des couleurs et une profondeur qui nont rien à envier à son illustre concurrent, luvre acquiert une résonance particulière par la partition musicale quelle met en scène et qui a été identifiée comme celle de la huitième sonate du Premier livre de sonates à violon seul et basse continue (publié en 1723) de Jean-Marie Leclair (1697-1764), musicien qui révolutionna profondément lécole française de violon et fut trouvé assassiné en son domicile parisien le 23 octobre 1764. Si la datation du tableau est correcte, ce dernier prendrait donc une dimension de Memento mori ou de Tombeau, des éléments comme les pages tournées du cahier de musique ou les dés se trouvant, de facto, chargés du sens symbolique de la mort et du laveuglement du sort. Mais, si vous le voulez bien, finissons ce rapide tour dhorizon sur un sourire. « Robert est un jeune artiste qui se montre pour la première fois ; il revient dItalie doù il a rapporté de la facilité et de la couleur. () Sil me reste quelque chose à dire, sur la poésie des ruines, Robert my ramènera. » Denis Diderot, Salon de 1767. Hubert ROBERT (Paris, 1733-1808), La lingère, 1761. Huile sur toile, 35,1 x 31,6 cm, Williamstown, Sterling and Francine Clark Art Institute. Voici un petit Hubert Robert qui synthétise merveilleusement, à mes yeux, le plaisir qui peut naître du mélange déléments provenant des différents genres. Dans cette Lingère, palette crème et touche jumelle de celle de Fragonard, vous avez, en effet, un peu dHistoire (lévocation des ruines antiques, par ailleurs chères au peintre) et un peu dhistoire (il sagit dune scène de genre), assaisonnés dun brin de provocation humoristique (le petit garçon qui se soulage un peu trop près dun gros chien). Mais ce qui pourrait nêtre que simplement plaisant dans ce détail un peu trivial, par le parallélisme quil instaure entre le jet dune fontaine antique et celui émis par le bambin peut aussi être lu comme un rappel du panta reï, le « tout sécoule » cher à Héraclite qui nous parle du caractère passager de toute chose, quelle soit taillée pour léternité (la fontaine) ou inscrite temporairement dans le présent. Cest peut-être filer la métaphore un peu loin, mais il me plaît de penser que, sous la volupté née du plaisir de peindre et de charmer, une ombre dinquiétude puisse aussi se glisser. Souvent résumée, de façon par trop hâtive, à une succession de productions dagrément aux visées purement décoratives, la peinture française produite durant la quinzaine dannées qui virent Madame de Pompadour se faire la protectrice et mécène des arts apparaît comme beaucoup plus complexe que ce quune approche superficielle pourrait laisser supposer. Parallèlement aux grâces parfois un peu convenues qui gagnent le « grand » genre de la peinture dhistoire, cest une nouvelle sensibilité qui est en train de se développer, particulièrement dans les domaines, tenus alors pour mineurs, de la scène de genre, du paysage, ou de la nature morte, qui, progressivement, vont déborder le cadre qui leur était jusqualors assigné en adoptant une approche de plus en plus empreinte de subjectivité. À linstar de ce que lon peut observer dans le domaine de la musique où les évolutions les plus radicales toucheront en premier lieu la musique de chambre, cest dans les productions picturales réservées à lespace privé plutôt que public que les éléments dun préromantisme tempéré « à la française » commencent à voir le jour. Accompagnement musical : I. Pancrace ROYER (c.1705-1755), Premier livre de pièces de clavecin (1746) : La Sensible : Rondeau. Christophe Rousset, clavecin Henri Hemsch, 1751. Pièces de clavecin, 1746. 1 CD LOiseau-Lyre 436127-2. Indisponible. II. Jean-Marie LECLAIR (1697-1764), Sonate XI pour violon & basse continue en sol mineur, 4e Livre (1743) : [1] Largo. La Tempesta. Patrick Bismuth, violon solo & direction. Sonates à violon seul avec la basse continue, Quatrième livre. 3 CD Zig-Zag Territoires ZZT 060401.3. Ce disque peut être acheté en suivant ce lien. III. Jean-Philippe RAMEAU (1683-1764), Les Boréades, tragédie lyrique (1764) : Acte IV, scène 4 : Gavottes pour les Heures et les Zéphyrs. Rigaudons. The English Baroque Soloists. John Eliot Gardiner, direction. 3 CD Erato « Musifrance » 2292-45572-2. Ce disque peut être acheté en suivant ce lien. La volupté du goût, La peinture française au temps de Madame de Pompadour. Somogy éditions dart, Paris, 2008. ISBN 978-2-7572-0169-5. Les citations de Denis Diderot sont tirées de : Salons, textes choisis par Michel Delon. Paris, Gallimard, collection Folio, ISBN 978-2-07-031385-3.
« À quoi aboutissent aujourdhui tous les produits de lart, si ce nest à amuser quelques désuvrés. Et encore si ça les amusait ; mais ils vous écoutent…