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Assène le diablotin, qui lévite sans mal.Malgré lannonce prophétique de fin imminente, lhumain se met en position de boxeur, prêt à combattre mais fuit, le battement de coeur suivant, prend les jambes à son cou, presque littéralement, le bras gauche tendu en arrière, la paume face à ladversaire, comme sil pouvait ainsi le stopper, le garder à distance.- Par la lumière lumineuse, que tu sois renvoyé dans les limbes, démon Par la lumière lumineuseLe malin, qui avait ricané à la vue de la drôle de position guerrière de lapprenti boxeur, rugit à ces mots et se rue sur le fuyard. Arrivé à portée daction, il émet des grognements, sans toutefois attaquer, sans jouer de sa fourche, reculant même.Un flash immaculé plus tard Greendle clignait des yeux. Il lui sembla entendre un grognement, un écho réel à lirréel. Langlais se retourna sur le côté, la tête vers les volets. Vu labsence de lumière naturelle dans leurs commissures, il se dit quil pouvait se rendormir et referma les yeux. Troublé par le cauchemar, il resta néanmoins un bon quart dheure à les garder clos mais son esprit éveillé, se rassérénant, cherchant la paix. Avant de glisser vers le repos, il riait presque, à la remémoration de sa pseudo incantation. - Par la lumière lumineuse ? Nimporte quoi se reprocha Greendle. Lorsque Mozart, par radioréveil interposé, le rappela dans sa chambre et à ses impératifs humains, gri-gri avait presque oublié le rêve étrange avec le diablotin. Un autre avait pris la place. Mais au moment de tout écrire, sur la table à manger, une tasse de thé et des oeufs au bacon à droite de son calepin à rêves, de la seconde salve descapades dans lunivers impalpable, le réveillé ne retint que deux phrases, prononcées à la fin - « Je vais prendre ces deux livres » et « des ciseaux, il me faut des ciseaux, vite ! » -, et un vague décor dappartement chic, un escalier, une personne croisée, du moins lui sembla-t-il. En tentant de tout revisiter, dans sa phase introspective, son premier rêve lui revint comme une vague se reformant après sêtre échouée et emportant au large avec un force accrue, comme un coup de poing dans un ventre ramolli par trop de confiance, dénué de réflexes, comme une balle retirée en élargissant le trou dans la chair, comme Bref, il se souvint du rêve et se sentit plus troublé quil ne lavait été pendant et juste après lavoir vécu. Le pudding exporté secoua la tête, posa sa plume, but quelques gorgées de thé, se sustenta puis alla méditer un bout, à la fenêtre.Greendle porta son regard sur les fenêtres des bâtiments voisins, sur les passants, sur les voitures et enfin sur le ciel grisé de nuages. En les zyeutant, quelques vers vinrent naturellement se former dans son esprit, et il en vint à une conclusion : le rêve avait réveillé lécorché vif qui somnolait en lui. Il ressentit le besoin, lenvie dévacuer, de se laisser aller sur le papier, dans une écriture quasi automatique. Il alluma son ordinateur, mit le cd Dangerous de Michael Jackson et reprit la plume. Après avoir encré le cahier à rêves de la source de son trouble, il gratta des pages dun autre, plus grand et plus volumineux, consacré au scribouillage dhistoires pensées dans la journée, hors du lit, hors de Morphée.[] Je regarde,Des yeux clos du béton Souvrir à une nouvelle aube ;Des flammes dautres, déjà éveillés,Parcourir le chemin de la vie.Je regarde,Le cours passé ;Du temps où jerrais dans la brume,Entre ombre et lumière,En lévitation, À mi-chemin des abîmes et de la terre.Je regarde,Le côté du fleuve où je regardaisLe cristal de mes pensées, Le froid causé par labsence de soleil,Les étoiles filantes qui mont presque fait chavirer ;Dos à la source du Hors Temps.Je regarde,Les fourmis motorisées,Sous les nuages qui nous entourent ;Sombres nuées,Des montagnes sélèvent,Acides, Les tripes men tombent.Je regarde,Une décennie dhorreurs et de merveilles, De douleurs et de douceurs,De toutes les couleurs,Larc-en-ciel de lHistoire,Daventures humainesLumineuses et obscures ;Monde renversant,Comme la tête en bas dun nouveau né,Cruel ou doux, suivant létoile Et la bulle protectriceQui simmisce.Je regarde,Ce monde remplit dinjusticesQui me font supplice ;Le malin qui assaille,Se gausse,Tente de percer Avec sa noirceur,Reste lespoir bridé.Je regarde,Des yeux clos du béton Souvrir à une nouvelle aube ;Des flammes dautres, déjà éveillés,Parcourir le chemin de la vie.Je regardeLa mélodie divine ricocher sur les astres,Sépandre vers les sans armure,Vers la rive des mondes incarnés et désincarnés ;Je regardeLe coeur qui bat la chamade,Lombre senfuirEt la lumière fut ?Et la lumière fut[]